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Stefan AGNESSEN

"Il parle aux animaux…"

Il n’a qu’une passion : le cirque !

L’European Circus, c’est Stefan Agnessen, ce Sérésien baroudeur devant l’éternel qui a bouclé son quinzième festival de Liège, un événement désormais incontournable de la vie artistique liégeoise. Vingt cinq ans de métier aussi pour cet homme attachant qui n’a qu’une passion : le cirque. Le directeur du "Festival de Liège" est également un artiste respecté. Un régisseur hors pair qui règle tous les détails de son spectacle mais n’hésite jamais à descendre dans l’arène. Ce qui ne lui a quand même valu quelques belles frayeurs. Des risques inhérents à son métier. C’est qu’à la fin des années 80, Stefan Agnessen travaillait sans filet parce que les cachets étaient plus importants… Résultat, trois chutes spectaculaires qui ont entraîné de graves fractures et un coma dont il est sorti miraculeusement.

En attendant, il est toujours bien présent. En bord de piste pour veiller à la bonne marche du spectacle mais aussi au comptoir des différentes échoppes qui garnissent joliment l’entrée du cirque. "C’est ça le cirque", dit-il sans une certaine fierté. "Chacun met la main à tout. Du montage, à la vente des programmes ou l’entretien des animaux." Ceux-là aussi, il les adorent. Son personnel affirme d’ailleurs qu’il leur parle à l’oreille. Un peu comme Robert Redford dans le classique "l’homme qui parlait aux chevaux." "C’est vrai qu’ils me comprennent" dit-il. "Et vous n’allez peut-être pas me croire mais les animaux ont leur langage à eux. Les chevaux perçoivent très bien l’Anglais mais un pachyderme n’assimile que l’Indien" Raison pour laquelle, ce fils d’enseignant sérésien de 37 ans manie sept langues couramment. "Mon ami Alexandre Bouglione a été un excellent professeur", dit-il humblement. Et voilà, le rêve s’est réalisé.

La vie n’est pourtant pas simple pour les gens du voyage. Même si le festival de Liège attire plus de soixante mille personnes venues notamment de Hollande et d’Allemagne, il s’agit d’une entreprise à gérer avec sérieux. "La ville nous apporte une aide matérielle, c’est déjà ça de pris. Des containers, des barrières mais un spectacle coûte cher. Mes notes d’électricité s’élèvent ici à Liège à plus de douze mille euros. De même, comptez mille litres de mazout quotidiennement pour chauffer le cirque et la ménagerie. Et un fauve, ça mange, ce n’est pas image, croyez-moi. Un peu plus de vingt cinq kilos de viande par jour. Et mes chimpanzés veulent des fruits frais et une température qui ne doit jamais descendre sous les 24 degrés.. De même, je dois aller chercher mes artistes à l’étranger. Mes musiciens, par exemple, sont Polonais. Il y a là-bas une école de cirque et de musique. Ils sont capables en quelques jours d’assimiler la musique d’une douzaine de numéros" Il est aussi un ardent défenseur de sa profession. Il fut l’un des plus premiers à se faire entendre quand il fut question de supprimer la présence des animaux dans les cirques. "Ce qui nous fait un tort immense ce sont ces petits cirques où les animaux ne sont pas assez bien traités. Les enfants viennent au cirque pour voir des animaux... et des clowns, c’est la raison d’être du cirque. Avec Alexandre Bouglione nous avons introduit un recours au Conseil d’Etat suspendant l’arrêté du ministre Demotte. Il faut permettre à ceux qui respectent les animaux de poursuivre leur métier."

Site internet : http://www.europeancircus.com/

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